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Mars 2000 : le réveil des acteurs (3/5)
La Semaine Internationale du Transport et de la Logistique de mars 2000 est sans doute la deuxième grande date de la e-logistique en France.
En effet tous les visiteurs de la SITL ont pu découvrir que l'ensemble de la profession avait réussi l'incroyable exploit de se muer de la profession de logisticien à celle d'e-logisticien en moins de six mois. Il suffisait de compter le nombre d'écrans plasma sur lesquels s'affichaient en lettre d'or les mots magiques : e-commerce, e-business, Internet, Web ou encore e-logistique pour comprendre que les logisticiens se présenteraient désormais comme les leaders des nouvelles technologies et de la netéconomie.
Bien évidemment,
les responsables logistiques des webmarchands qui avaient fait le déplacement pour trouver LA solution logistique furent unanimement déçus. Ils leur suffisaient d'engager la conversation par : "Qu'entendez-vous par e-commerce ?", pour comprendre qu'il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir. En effet, car à ce stade de la conversation, il était indispensable de faire appel à l'unique spécialiste de la société. Après quelques instants, le spécialiste maison arrivait et commençait naturellement par : "Nous souhaitons devenir l'opérateur leader de la logistique du commerce électronique, d'ailleurs nous venons d'ouvrir un site web qui offre à nos clients le tracing/tracking en ligne". Il s'empressait aussitôt de remettre un dossier d'étude dans lequel, on pouvait trouver un questionnaire de 20 à 50 items destiné à cerner le besoin du e-marchand en terme de surface de stockage, nombre de commandes par jour, évolution à 6 mois, nombre de lignes de commande par bon de préparation,… Questionnaires qui laissèrent pantois la quasi totalité des prospects car absolument pas adaptés à leur besoin.
Il est tout de même important de noter que plusieurs transporteurs ont relevé le défi du B2C avec plus ou moins de réussite, se gardant bien d'étendre leurs prestations à plusieurs webmarchands. Seul le groupe LA POSTE s'est clairement engagé dans le B2C à travers ses nombreuses filiales, sans pour autant apporter toutes les solutions à ses clients et aux internautes (on notera aussi l'arrivée de nouveaux entrants qui feront l'objet d'un prochain article).

(par Alain Borri - juin 2000)