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Livraison hors domicile (3/3)
A l'opposé de la livraison à domicile, la livraison hors domicile est l'option que semblent retenir plus facilement les expressites, messagers et certains vépécistes. Cette
" école " renferme plusieurs tendances :
livraison au bureau, dans des points relais ou des consignes électroniques, …
Livrer le particulier sur son lieu de travail comme le préconisent certains leaders de la livraison express worldwide, simplifierait grandement la livraison B2C. Malheureusement, les Français ne semblent pas encore disposés à recevoir leurs emplettes au bureau. Cet état de fait n'arrange guère les prestataires logistiques qui savent tous très bien livrer les entreprises. De même que pour la livraison à domicile, de nouvelles pistes sont à explorer afin d'apporter une réponse aux webmarchands B2C qui auraient opté pour la livraison du particulier hors domicile.
La première voie est connue de certains vépécistes français puisqu'il s'agit de
déposer les colis dans des points de proximité proches du lieu de résidence ou du lieu de travail du destinataire. En France, LA REDOUTE et LES 3 SUISSES disposent entre 2.500 et 3.000 points relais qui sont soit des magasins en propre soit, pour la majorité, des commerçants de quartier. Cette option logistique remporte d'ailleurs un franc succès auprès des logisticiens en France, on notera par exemple les initiatives du groupe HACHETTE qui compte s'appuyer sur son réseau de distribution presse " RELAY " ou encore les transporteurs comme DHL, DANZAS, MORY, etc.… qui nourrissent des projets sur le déploiement de points relais de proximité.
Nous rappellerons que
la clientèle B2C est différente de celle de la VAD classique. Dès lors, appliquer à l'identique les recettes de la VAD au e-commerce est dangereux. Si de
tels raccourcis existaient les vépécistes français seraient largement en tête au hit parade des ventes sur Internet. L'approche qui consiste à s'appuyer sur des commerçants de proximité pour remettre les colis aux cyber-acheteurs comporte
plusieurs inconvénients. Nous noterons, par exemple, la qualité de l'accueil du commerçant qui n'est pas toujours optimale lorsque l'internaute ne fait que retirer ses colis.
De même, la société TOTAL étudierait la possibilité d' " ouvrir " certaines de ses stations service au B2C. Cette solution présente
plusieurs avantages : heures d'ouverture larges, disponibilité d'un parking mais là aussi, il ne peut s'agir d'une solution adéquate pour l'ensemble des clients. En effet, la transition entre le site high-tech du webmarchand sur lequel la commande a été prise et la remise de son colis par un pompiste en bleu de travail risque d'être délicate.
Une autre piste consiste à installer
des consignes de stockage. Cette solution permettrait aux transporteurs de déposer les colis dans des coffres à colis, le destinataire ayant le loisir de retirer ses articles lorsqu'il le souhaite. Ce concept est novateur et n'est pas avéré à la différence des points de proximité. De
nombreux obstacles notamment technologiques et légaux se dressent devant cette alternative.
En conclusion, la
solution miracle pour régler la livraison B2C n'existe pas mais nous venons de voir que plusieurs projets sont actuellement à l'étude. Ceux qui se lancent dans la gestion du dernier kilomètre sont clairement
volontaristes et nous pouvons que leur souhaiter que leurs initiatives soient couronnées de succès car il est maintenant acquis par tout le monde, que sans logistique il n'y a pas de B2C.

(par Alain Borri - janvier 2001)