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Supply chain et recession (1/4)
Nous voilà confrontés pour de bon et peut-être pour longtemps à la récession. Depuis mars 2000, les indices de confiance n'ont cessé de baisser mais chacun de nous espérait que septembre 2002 allait marquer la fin de ce cycle vicieux pour laisser place à un regain de confiance général. Malheureusement, au retour des vacances d'été, nous avons compris que la morosité ambiante n'avait pas disparu, bien au contraire. La période estivale a fini d'emporter les entreprises fragiles et cette fois-ci, il ne reste plus beaucoup d'entreprises dites de la nouvelle économie.
Dans ce contexte moribond, le monde des éditeurs de
solutions pour la supply chain n'est pas non plus épargné. C'est fort regrettable car la supply chain ne demeure encore qu'un concept qui a besoin de s'émanciper avec des solutions technologiques innovantes.
Dans moins de deux mois se déroulera comme chaque année le Progilog, manifestation consacrée aux solutions informatiques de la supply chain et de l'e-commerce. Même si les organisateurs n'ont pas ménagé leurs efforts pour que ce rendez-vous soit un succès, la tâche n'est pas gagnée d'avance. En effet, les exposants et les thèmes proposés lors des conférences nous font craindre le pire en terme d'innovation. Pourtant, le monde de la supply chain est encore aux balbutiements de son développement et presque
tout reste à construire.
C'est vrai que l'environnement politique et économique incitent les dirigeants à jouer la carte de la sécurité plutôt que celle de l'innovation mais la politique du zéro risque comporte aussi des dangers (ndlr : plusieurs grands groupes ont récemment diffusés des circulaires "incitant" à geler les budgets non stratégiques pour l'entreprise). De plus, un vent de chasse aux sorcières s'est emparé de la plupart de nos concitoyens. J'en veux pour preuve les manifestations de contestation envers les dirigeants, les banquiers et les médias qui auraient encensé la nouvelle économie alors qu'au final elle n'aurait apporté que récession et ruine des petits porteurs. Un peu facile de juger a posteriori. Nous rappellerons que la période des années 98, 99 et 2000 aura surtout permis d'opérer une rupture psychologique avec les décennies précédentes qui avaient été rythmées par l'immobilisme des initiatives. L'essor des nouvelles technologies a apporté une bouffée d'air à beaucoup d'entre nous. A cette période, rien n'était impossible, un vent de créativité soufflait dans les têtes des jeunes et moins jeunes qui se lançaient dans la création de nouvelles entreprises. Bien sûr, certains excès ont été commis mais comment reprocher aux dirigeants et aux salariés qui s'étaient embarqués dans l'aventure de ne pas toujours avoir transformé l'essai économique. Comment reprocher aux investisseurs d'avoir misé sur de nouveaux concepts et d'avoir permis la création de centaines de milliers d'emplois.
Il est évident que de lourdes sommes ont été perdues à jamais mais engager une chasse aux sorcières risque de nous entraîner sur une pente dangereuse qui pourrait déboucher sur le tarissement de l'esprit d'innovation alors que c'est justement par ce moyen que nous pouvons relancer la machine.

(par Alain Borri - octobre 2002)