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Les transitaires (2/3)
On entend par " transitaires " les intermédiaires de transport et de logistique. Ce terme générique regroupe, en fait, deux métiers distincts en termes d'initiatives et de responsabilités. Le transitaire est mandaté par son client pour veiller au bon déroulement de la prestation logistique. Il n'organise en aucun cas les opérations. Il a une obligation de moyen et sa responsabilité est limitée. Le commissionnaire de transport est quant à lui un logisticien, spécialiste le plus souvent en transport, stockage et opérations de douanes. C'est lui qui organise, décide, paie l'ensemble ou une partie de la prestation que son client lui a confiée. Au titre d'organisateur, il a une obligation de résultat et ses responsabilités vis à vis de l'ensemble des opérations, tiers et marchandises sont importantes. Les commissionnaires de transport ont toujours pu justifier leur place d'intermédiaires car ils apportent une réelle valeur ajoutée à la prestation logistique. La palette de leurs prestations s'étend de l'organisation d'un transport entre Londres et Milan pour un camion complet, à l'organisation du transport du matériel nécessaire à la construction d'une centrale nucléaire Européenne, en Chine. La profession a subi ces dernières années plusieurs séismes qui ont ébranlé le secteur.
Ces bouleversements sont aux nombres de trois :
· suppression des barrières douanières en Europe,
· intégration du métier par les transporteurs,
· regroupement de certains acteurs.
Pour que la présence de l'intermédiaire se justifie, la prestation logistique doit être complexe. La barrière douanière faisait en Europe la part belle aux transitaires. En effet, en tant qu'interlocuteur des douanes, le commissionnaire agrée en douane doit pouvoir apporter des garanties en terme de compétences et d'assise financière. La disparition des droits de douane pour les échanges intra-communautaires a engendré une simplification de la prestation du transport européen. Le métier de transporteur stricto-sensu est assez simple : il s'agit de transporter la marchandise qui lui a été confiée d'un point A à un point B. Le transporteur ne peut en aucun cas organiser une prestation connexe au transport. Il y a trente ans, aucun transporteur européen ne disposait d'un réseau national intégré. Toute opération logistique évoluée était confiée à un commissionnaire qui savait organiser, sous-traiter et suivre les opérations tout au long de la chaîne logistique. Depuis, des réseaux intégrés et des réseaux d'alliances se sont constitués et le métier de transporteur a évolué naturellement vers le métier de transitaire. Les transporteurs routiers ont su développer leur savoir-faire et sont allés offrir une prestation globale directement aux clients des commissionnaires. Ce schéma est aussi vrai dans le secteur de la marine marchande, et particulièrement dans le milieu du conteneur. Les armements organisent l'opération depuis l'enlèvement de la marchandise chez l'expéditeur (pré-acheminement routier) jusqu'à la livraison chez le destinataire final (post-acheminement) tout en assurant bien sûr le transport maritime. Enfin, comme dans de nombreux secteurs, de gros opérateurs ont vu le jour ce qui a " nettoyé " la profession d'un certain nombre d'opérateurs trop petits pour négocier de bons tarifs avec les transporteurs terrestres, maritimes et aériens.

(par Alain Borri - avril 1999)