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Un constat inquiétant (2/3)
Le Progilog qui se tenait les 7 et 8 novembre à Paris entérine ce constat puisque cette année il n'y avait pas sur ce salon de sociétés dites "pur player", sociétés soutenues uniquement par des levées de fonds auprès d'organismes financiers, alors que lors de la dernière SITL, elles tenaient le haut du pavé. Seules deux "spin off", sociétés filiales de groupes français de transport et de logistique, et les filiales de sociétés américaines et anglaises présentaient des solutions e-logistiques. Je vous laisse imaginer les conclusions des visiteurs anglais ou américains qui sont passés sur le Progilog... Cela ne peut que les conforter sur ce qu'ils pensaient déjà : "la France a toujours un train de retard et c'est tant mieux pour nous".
Au-delà de ce constat, le fait le plus marquant fut le net recul du nombre d'exposants et de visiteurs comparé à celui de l'année passée. Sans vouloir rentrer dans un débat de circonstance dans lequel tout amalgame serait inopportun, nous sommes forcés de nous rendre à l'évidence: la tendance est plutôt orientée à la morosité avec un ton prononcé pour l'immobilisme.
Il ne faudrait pas que ce coup d'arrêt à l'innovation dans le domaine de la supply chain dure trop longtemps car les confrères outre-manches et outre-atlantiques sont toujours aussi dynamiques comme le prouvent les conférences, débats, alliances et contrats passés dans l'univers de l'e-logistics. Il suffit, pour s'en rendre compte, de parcourir les sites Internet ou les publications sur le thème de la supply chain (cf
Annuaire e-logisticien.com et
News de novembre e-logisticien.com).
En France, le problème réside en grande partie dans la définition du terme e-logistique sachant que, par ailleurs, nous n'avons toujours pas conclu le débat sur le mot logistique. En effet, le terme logistique est à la fois utilisé pour définir les métiers de l'entreposage mais aussi pour désigner le concept de logistique globale (Supply Chain Management chez les Anglo-saxons) ce qui entretient un certain flou au sein de la profession. En ce qui concerne le mot "e-logistique", on constate que les professionnels du secteur de la supply chain hésitent encore entre plusieurs définitions dont l'une qui associe le terme à la notion d'e-commerce, définition qui est à la fois exacte et réductrice.
A ce propos, l'équipe d'e-logisticien.com a organisé un sondage sur ce thème entre le 5 novembre 2001 et le 20 novembre 2001. Les résultats sont à prendre avec précaution en raison du profil des votants qui sont des professionnels à l'écoute des innovations dans le domaine du transport et de la logistique. L'analyse des votes montre que moins des 2/3 des votants pensent que le terme e-logistique désignent d'abord l'utilisation des nouvelles technologies dans le pilotage de la supply chain. Ce chiffre même s'il est élevé, montre bien qu'y compris au sein d'une population réceptive à la veille métier, la mise en place des NTIC au sein des directions logistiques n'est pas encore un acquis. 25% des votants associent en priorité l'e-logistique au e-commerce et 10% pensent qu'il s'agit d'un terme marketing dénué de signification.

(par Alain Borri - novembre 2001)