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Les limites du SCEM (4/5)

Suite aux développements qui viennent d'être énoncés, on pourrait penser que les outils de Supply Chain Event Management apportent LA solution à la visibilité (ou traçabilité) de la supply chain. Il n'en est évidemment rien car pour que visibilité il y ait, il faut un certain nombre de pré requis.
En effet, les outils de SCEM ne remplacent en aucun cas les outils de terrain qui traduisent informatiquement les opérations de transport et de logistique en cours. En clair, si l'outil de SCEM n'est pas alimenté plusieurs fois par jour d'informations qui remontent des informatiques des opérateurs et prestataires logistiques, il ne peut en aucun cas jouer son rôle de pilote pro-actif.
C'est pourquoi les véritables solutions de SCEM disposent toutes d'un module de communication capable d'échanger des informations avec plusieurs systèmes informatiques hétérogènes mais encore faut-il qu'il y ait des évènements à échanger. Dès lors, on touche la première limite du concept et de l'outil. Cette limite provient de la qualité même des informations qui peuvent être données par chaque intervenant de la chaîne logistique. Entendu qu'aujourd'hui, peu de prestataires sont capables de donner en temps réel une information fiable à 100%. A partir de ce constat, certains "chargeurs" (industriels et distributeurs) mettent en doute les outils de SCEM. Il s'agit, à mon sens, d'une erreur lourde de conséquences car en adoptant un comportement attentiste, il est évident que les prestataires ont peu de chance de faire évoluer leur informatique interne vers une solution plus fiable et plus communicante.
En revanche, une attitude volontariste permet d'exercer une pression positive envers ses prestataires dans un but d'amélioration de leur propre exploitation à travers l'analyse des informations recueillies par l'informatique terrain. C'est aussi et surtout un bon moyen d'identifier les meilleurs c'est à dire ceux qui ont d'ores et déjà mis en place un système de traçabilité de leur exploitation car, avec les outils de SCEM, il n'est désormais plus possible de vivre heureux en vivant caché.

(par Alain Borri - février 2002)