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Les logisticiens, transporteurs et transitaires ont réussi leur entrée dans la " net économie ". Vous en doutez ? Pourtant ce ne sont pas les preuves qui manquent : création de divisions e-logistiques, désignations de responsables " e-commerce ", développement de sites Internet, mise en place de systèmes de tracing/tracking et consultation de preuves de livraison numérique,… Les prestataires logistiques, quel que soit le mode de transport sont donc bel et bien en train de négocier le virage de la net économie. Les petits comme les grands disposent aujourd'hui d'outils Internet qui les propulsent dans le monde féerique du e-commerce.
Il n'y a qu'un détail qui cloche : ce n'est pas nécessairement ce qu'on leur demande.
Ou plutôt ce n'est pas d'abord ce qu'on leur demande C'est bien d'investir dans un site de suivi des colis en ligne mais c'est mieux de mettre d'abord en place une organisation sur le terrain qui soit adaptée aux logistiques B2B et B2C.
Jusqu'à présent, mesurer la performance d'une logistique de distribution relevait de l'exploit en raison d'une fiabilité approximative des informations remontées, ce à quoi il fallait ajouter la notion de " non-temps réel ". Or, cette époque est en passe d'être révolue, car l'arrivée d'Internet permet de communiquer et de partager l'information à moindre coût. Aussi, les acteurs du e-commerce (e-acheteurs et e-vendeurs) demandent à leurs prestataires logistiques de leur assurer une prestation de qualité, pilotée par un système d'information performant et non de donner des informations approximatives sur Internet. Mais, il semblerait que
certains transporteurs et logisticiens confondent la forme et le fond car il n'y a rien de pire que de publier sur le net des informations logistiques erronées.
Cette fameuse information disponible sur Internet vient bien de quelque part. Et c'est là que tout se complique. Comment et à quel moment ces événements sont-ils arrivés sur le site du transporteur ?
Les prestataires e-logisticiens de demain seront ceux qui auront d'abord investi dans une informatique de terrain communicante. Comment peut-on croire que les informations disponibles sur le net sont exploitables s'il n'existe pas au niveau opérationnel de système informatique qui fait le lien en temps réel entre les flux physiques et les flux d'informations ? Nous sommes tous d'accord sur le fait que le logisticien doit jouer un rôle primordial dans le développement du e-commerce en tant que dernier prestataire non virtuel. Et c'est bien parce que sa fonction reste avant tout la gestion des flux physiques qu'il doit s'équiper en premier lieu d'une informatique terrain.
C'est à cette condition que les acteurs du secteur entreront de plein pied dans la net économie et non pas en le décrétant sous prétexte qu'ils ont mis en ligne quelques pages html.
Le schéma de distribution logistique du commerce électronique n'est pas unique. En fonction de la nature des produits vendus, les besoins e-logistiques diffèrent. Avant de définir les schémas e-logistiques, il est d'abord utile de définir les types de prestations qui constituent une organisation e-logistique. Nous savons que le métier du e-logisticien se compose de quatre compétences complémentaires :
l'entreposage, le transport, les systèmes d'information et les prestations connexes. Pour chacun de ces savoir-faire, il existe une palette de prestations qui permet de définir précisément la nature du travail à effectuer par le e-logisticien.

(par Alain Borri - octobre 2000)